JEAN LEAUSTIC, LE "JUSTE " BRETON PARMI LES NATIONS

Publié le par Pierre LEAUSTIC

JEAN LEAUSTIC JUSTE PARMI LES NATIONS

La médaille du Juste parmi les nations est la plus haute distinction décernée à titre civil par l'Etat d'Israël.
Les justes sont des personnes non juives qui ont sauvé au péril de leur vie et de celles de leurs proches des juifs pendant la seconde guerre mondiale.
Les noms de ces justes sont honorés à tout jamais et gravés sur le Mur des Justes au mémorial Yad Vashem à JERUSALEM.
Jean a reçu cette distinction à titre posthume en 2002 et c'est le 20 mai 2004 que la médaille du juste a été remise à Paris à ses enfants par Monsieur l'Ambassadeur d'Israël en France. Sur cette médaille figure la mention suivante «Qui sauve une vie, sauve l'Humanité».
Les mérites de Jean sont à la fois simples et exceptionnels.
Jean Léaustic le morlaisien et Marcel Libermann aujourd'hui tropézien étaient voisins à Paris. Ils se considéraient comme deux frères et ce d'autant plus que Jeanne, la mère de Jean, a élevé en partie Marcel. Ils passaient toutes leurs vacances ensemble
à Morlaix et au Diben. Leurs pères respectifs avaient participé ensemble à la guerre 14/18.

En 1942 Jean est embarqué sur le sous-marin «Vengeur» à Toulon lorsqu'il reçoit un courrier de Marcel dont la mère et le jeune frère venaient d'être victimes comme tant d'autres juifs de la rafle du «Veld'hiv» à Paris.
Un courrier sous une forme codée : «Je suis à l'hôpital. J'ai égaré tous mes papiers. J'ai attrapé la maladie de mon frère. Il faut que tu me renvoies d'urgence mon acte de naissance et ma feuille de mobilisation militaire».
Avec la complicité de sa mère Jean fournira un double de ses propres papiers d'identité à son ami Marcel. Grâce à ce stratagème, Marcel échappe aux arrestations et à la déportation dans les camps de concentration de sinistre mémoire où furent exterminées tant de familles juives.

Il faut dire aussi que Marcel possédait précieusement sur lui pendant la guerre une photographie où il posait revêtu de l'uniforme prêté par son ami Jean. Cette photo en uniforme de marin se révéla à de nombreuses occasions être un véritable sauf-conduit pour Marcel.

Marcel Libermann sait qu'il doit la vie à son ami et c'est tout simplement qu'il a fait son «devoir de mémoire» en signalant l'acte de courage et le geste fort de son ami breton, son «frère de lait ».
Cet acte de bravoure a été accompli au nom de l'amitié. Mais Jean ne s'est jamais posé de questions. Pour lui c'était tellement naturel qu'il n'en a même pas parlé à ses enfants !
Son geste profondément humaniste honore non seulement toute la diaspora des «léaustic-Léostic-Lestic» mais aussi toute la communauté bretonne. Une preuve supplémentaire aussi que le breton est fidèle en amitié.
Vous les membres de la diaspora qui voyagez en Israël n'oubliez pas de rendre hommage à Jean en vous inclinant devant son nom à la fondation Yad Vashem de Jérusalem
.
Et vous Marcel Libermann, qui vous honorez d'être le " frère de lait"  de Jean, vous avez toute votre place dans notre diaspora !

 

 





Fils d'Augustin Léaustic (1889) et de Marie Allegoët (1893 -1974) Jean Léaustic est né à Guilers (Finistère) le 23 juillet 1920.
Son père exerçait la profession de mécanicien.

Fils unique il habitait avec ses parents dans le quartier de la Villeneuve à Guilers.

Puis il émigra très jeune avec ses parents en région parisienne dans la ville "Les Pavillons-sous-Bois", commune relevant aujourd'hui du département de la Seine Saint Denis (93).

Il s'engagea dans la marine  en 1938 et accomplit 5 années de service avec notamment une affectation sur  le sous-marin  "Vengeur".

Le sous-marin "vengeur" (Q137) a été construit en 1928 à Cherbourg. Lancé le 1 Septembre 1928 ce sous-marin à double coque de 1500 tonnes de type M-5  figurait dans la série des "sous-marins de 1ère classe de grande patrouille de type "Redoutable", la plus grande série de sous-marins construite en France (31 sous-marins).

Ce sous-marin, basé à Toulon à la déclaration de la guerre en Septembre 1939, navigue ensuite sur les côtes d'Afrique du Nord,  en Océan indien et notamment  à Madagascar et à Djibouti. 
Le 1er Juin 1942 le "Vengeur" est consigné en gardiennage d'armistice à Toulon et sabordé le 27 novembre 1942 avec la Flotte française. Le "Vengeur" sera immergé à son poste d'amarrage  dans les bassins de Missiessy du port de Toulon. Rendu inutilisable il sera démoli.


Jean avec ses parents



De son union le 25 novembre 1944 à Morlaix avec Jeanne Beuzit naquirent 2 enfants :

- Jacqueline (1946), hôtesse de l'air de la compagnie Air France épouse de François Rude (1935) pilote d'Air France et actuellement rédacteur en chef de la revue ICARE (www.Revue-icare.com)

- Gilles (1950), commercial époux de Gilberte Quéllenec.


 Jean et jeanne



Voici la lignée des Léaustic dans laquelle se situe Jean

Ascendance

Augustin Léaustic (1889- 19..?) - Marie Allégoët (1893- 1974)


Descendance

- Jacqueline (1946) - François Rude (1935)
        o - Anne Sophie (1971) hôtesse de l'Air, Air France -   Thierry Menand(1970) docteur en  géophysique
           - Thibaud (1997)
           - Clémence (1999)
       o - Fabrice (1974) Ingénieur du contrôle de la navigation aérienne - Cécile Matuszewski(1971) hôtesse de l'air,  Air France.
          - Grégoire (2003)

- Gilles (1950) - Gilberte Quéllenec (1952)
        - Marie (1974) hôtesse de l'air, Air France - Christophe Goncalvez (1964)


Après une carrière à la manufacture des Tabacs de Morlaix Jean Léaustic décède à MORLAIX le 8 mars 1980.
Son épouse Jeanne, modiste à Morlaix, pendant de longues années est décédée le 16 février 2001.

 

 





Rédigé avec le concours et l'accord des enfants de Jean

Publié dans HISTOIRE ET MEMOIRE

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Les LEAUSTIC de Saliès 03/11/2008 10:40

Bravo pour cet article, et merci aux descendants de jean pour avoir permis de connaître son histoire, et son action si belle. Nous en sommes très honorés! Ronan LEAUSTIC