LES FONCTIONS ELECTIVES

Publié le par Pierre LEAUSTIC

 

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Louis Caradec  maire de Plougonvelin, président de l'association des maires du Finistère

C ’est avec plaisir que « j’inaugure » cette nouvelle rubrique de votre blog consacrée à tous les membres de la diaspora des "léaustic-léostic-lestic" qui ont exercé des fonctions électives.
Je le fais d’autant plus volontiers que je suis un fidèle abonné de votre blog et c’est avec beaucoup d’intérêt que je lis toutes les semaines les articles nombreux et variés qui témoignent du rayonnement de votre diaspora à travers le monde.
 
Je dois dire aussi que dans ma commune de Plougonvelin la présence des descendants des « léaustic-Léostic » est avérée depuis au moins le 18 ème siècle  ! Ils sont aujourd’hui très présents dans  l’animation de la vie communale en général et dans la vie associative en particulier

En ma qualité de président l'association des maires je suis profondément  touché par votre "devoir de mémoire"à l'égard des membres de votre communauté familiale qui ont exercé des fonctions électives. Ils ont "servi" leurs concitoyens avec dévouement et altruisme et ils méritent cet hommage que vous entendez leur rendre en relatant leur "histoire".
 
La période actuelle des « municipales » me conduit tout naturellement à évoquer la fonction de premier magistrat de la commune, la fonction de maire.
 
Avec son équipe d’élus le maire répond quotidiennement aux attentes de ses concitoyens dans tous les actes de la vie quotidienne, en tissant chaque jour le lien social, en permettant chaque jour le miracle républicain qui consiste à donner un sens au « vivre ensemble. »
Cette passion du maire pour sa commune constitue sans aucun doute le véritable moteur de son action. Elle lui procure de l'énergie pour gérer le quotidien et  de l'ambition pour dessiner l’avenir.
 
Mon long chemin d’élu municipal (4 mandats successifs et bientôt un cinquième si mes concitoyens le veulent bien !) et les différentes fonctions que j’ai eu l’honneur d’exercer m’ont conduit à fréquenter et à  observer bon nombre d’élus venus de tous horizons. Tous différents les uns des autres  mais tous semblables lorsqu’il s’agit de la recherche du bien-être de leurs administrés.
 
La fonction d’élu prend une place importante dans leur vie et rapidement ils apprennent que la rançon de l’élection est l’obligation constante de service de jour comme de nuit !
Ils se retrouvent au centre d’un tourbillon magique qui les unit pour toujours au destin de leur commune.
C’est une loi du 14 décembre 1789 qui précisa que le chef du corps municipal porterait le nom de Maire. A l’époque on craignait de voir émerger des pouvoirs locaux concurrents du pouvoir central aussi le maire n’était élu que pour 2 ans.
 
Ce n’est qu’avec la loi du 4 avril 1884 que l’obligation pour chaque commune de se doter d’une mairie s’imposa. Dans un premier temps c’est le plus souvent le domicile du maire qui tenait lieu de maison commune. Une première vague de construction de mairies eut lieu au lendemain de l’adoption de la loi sur l’enseignement qui obligea les communes à se doter d’une école de garçons. Bien des conseils municipaux décidèrent alors de faire d’une pierre deux coups et c’est ce qui explique que souvent la mairie et l’école communale furent construites sous le même toit. C’est sans doute la raison pour laquelle il n’y a pas encore si longtemps l’instituteur assurait le secrétariat de la mairie.
 
Dans les années 1900 le maire était souvent pour ne pas dire toujours un notable. Médecin ou notaire, châtelain ou gros cultivateur. Le mandat de maire n’était pas une fin en soi encore moins un métier, c’était une distinction, une récompense parfois considérée comme un dû. Représentant de l’état dans sa commune, c’est au maire que revient de tenir l’état civil, de procéder aux cérémonies de mariage, de maintenir l’ordre public….

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’image du maire connut une première évolution d’importance : au maire administrateur se substituèrent progressivement un maire social, puis un maire bâtisseur dans les années 50 en raison des impératifs de la reconstruction d’après guerre.

Ce nouveau profil du maire se développa réellement dans les années 70 avec l’essor économique, les grands programmes de logement et l’avènement du tourisme.

L’apparition de la crise économique du milieu des années  soixante dix entraîna à nouveau une évolution du profil du maire.

Qu’il soit en fonction en milieu urbain ou rural, le maire fait de plus en plus figure de gestionnaire et d’entrepreneur. Sa mission ne consiste plus seulement à attirer des entreprises et à développer l’emploi sur le territoire de sa commune  elle s’étend vers une optimisation maximale de l’utilisation des finances communales.

Avec les années 90 arrive la loi sur l’organisation territoriale qui permet aux communes de se regrouper en communautés de communes. Le maire partage désormais un peu de son « pouvoir » avec cette nouvelle structure territoriale.

 Enfin depuis peu, le maire est devenu un animateur, celui qui favorise l’harmonie et le consensus. Il est l’homme des arbitrages et des médiations  entre tous les acteurs de la vie communale.

Sur le plan socioprofessionnel, on constate une grande mutation liée aux transformations de la société ; les notables bourgeois ont laissé progressivement leurs places de maires à un nouveau genre de citoyens responsables : dirigeants d’entreprises, cadres, agents de maîtrise, enseignants….

Aujourd’hui face à la complexité croissante de la fonction de maire, les interrogations se multiplient.
Peut-on parler encore de fonction ? N’est-ce pas devenu un métier à part entière ?
Voilà une évolution qui pourrait à terme créer 36 000 emplois nouveaux en France !
 
 
 
 
Merci à Monsieur Louis Caradec d'avoir bien voulu préfacer cette nouvelle rubrique du blog. 
Signalons que Monsieur Louis Caradec a écrit en 2006 un ouvrage qui s’est avéré un véritable succès littéraire vendu à plusieurs milliers d’exemplaires. Il s’agit de « FORTUNES DE MAIRE » publié aux éditions « Cheminements ».
 
 
 
 
 
 

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