UNE FAMILLE DE LA DIASPORA A MAYOTTE (3ème partie)

Publié le par Pierre LEAUSTIC

Suite de l'interview de Katy et Ronan Léaustic qui exercent leurs activités professionnelles à Mayotte (3ème partie
 
 
Les conditions climatiques ne sont-elles pas trop difficiles?
 
Le climat de Mayotte est de type tropical maritime. Il se caractérise par de faibles variations de températures annuelles et journalières et des précipitations abondantes : plus de 1500 mm par an en moyenne sur l'île.
Deux saisons ponctuent l'année, l'une chaude et pluvieuse, l'autre plus tempérée et sèche ; elles sont séparées par deux intersaisons plus brèves.
Saison chaude et pluvieuse : été austral de décembre à mars (27°à 35°C avec une forte humidité pouvant atteindre 100 %).
Saison tempérée et sèche : hiver austral de juin à septembre (20° à 28°C - l'île est balayée par les alizés).
Deux intersaisons :
- avril-mai : c'est la fin de la période de mauvais temps, les cyclones ou dépressions ne menacent plus l'île,
- octobre-novembre : vers la mi-octobre, il est fréquent que l'on ait une ou deux semaines pluvieuses : c'est la pluie des mangues grâce à laquelle les mangues de décembre seront plus belles. Mais c'est en novembre que la sécheresse se fait sentir. 
Le niveau de vie est –il comparable à celui de la France ?

Le PIB de Mayotte est de l’ordre de 3 960 euros par habitant. Il est donc quatre fois supérieur à celui de Djibouti mais deux fois inférieur à celui des Seychelles. Il représente moins de 20% du PIB moyen européen, ce qui rendrait Mayotte éligible aux aides structurelles européennes.
Bien qu’encore très faible, le niveau de vie de la population de Mayotte a presque doublé en une décennie. En 2005, le revenu annuel moyen d’un ménage mahorais atteint 9 337 €. En 2005, une personne sur dix possède un niveau de vie inférieur à 813 € par an. A l’opposé, une personne sur 10 a un niveau de vie supérieur à 8 142 € par an. Le rapport entre les plus aisés et les plus modestes progresse passant de 12,6 en 1995 à 9,7 en 2005 (contre 4,3 à la Réunion et 3,4 en métropole). Un cinquième de la population vit sous le seuil de pauvreté contre presque un quart en 1995, la hausse générale des niveaux de vie a relevé le montant du seuil de pauvreté (fixé à 50% de la valeur médiane) passant de 710 € par unité de consommation à 1 209 € en euros constants de 2005. Le seuil métropolitain était en 2004 de 7 884 €. Avec cette valeur, neuf personnes sur dix vivant à Mayotte seraient sous le seuil de pauvreté.
 
En 2005, 84 % des revenus des ménages mahorais sont consacrés aux dépenses de consommation. La catégorie socioprofessionnelle influe fortement sur le volume et la nature des achats. Les ménages très démunis achètent surtout des produits de première nécessité, les plus aisés s’offrent des biens et services de confort.
La consommation diffère aussi selon le lieu de résidence. Pour les Petits-Terriens, elle est atypique : leurs dépenses de transports sont très réduites.
 
Les ménages résidant à Mayotte consomment désormais plus de services que de produits alimentaires. Le budget alloué au logement a très fortement crû.
L’autoconsommation est très largement répandue ; elle apporte un supplément de revenus non négligeable pour les ménages modestes.
La grande distribution a pris la tête en termes de part de marché
Bien qu’encore très faible, le niveau de vie des personnes qui résident à Mayotte a fortement augmenté entre 1995 et 2007. Dans le même temps, les disparités se sont pour partie estompées : un cinquième de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre presque un quart en 1995.  
 
Trouvez-vous pour vos enfants des bonnes conditions de scolarité ?
 
L’enseignement est assuré de la maternelle au B.T.S. selon les programmes fixés par L’Education nationale.
 
L’enseignement dans le primaire public souffre d’une insuffisance de recrutement d’instituteurs. Du coup les écoles privées affichent complet malgré leur coût (environ 150 €/mois). Les listes d’attente s’allongent d’année en année.
 
En revanche, l’enseignement dans le secondaire public et privé est tout à fait satisfaisant.
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Il n’existe pas d’université. Les jeunes mahorais poursuivent leurs études en Métropole. 
L’histoire de la scolarisation publique de masse à Mayotte est relativement récente. En 1973, seuls 7% de la population d’alors étaient scolarisés contre 35% en 2002). Le taux de scolarisation des enfants en âge obligatoire (6-16 ans) est de 92% en 2002. Le retard scolaire reste important mais décroît, de plus en plus de jeunes ont accès à l’enseignement dans le second degré.
Compte tenu de la pyramide d’âge de Mayotte, les personnes âgées de 15 ans ou plus sorties du système scolaire ne représentent qu’à peine la moitié de la population de l’île. Le niveau scolaire reste très faible : 71% de ces personnes déclarent un niveau inférieur ou égal au primaire, et seulement 13% déclarent un niveau au moins égal au baccalauréat.
Sur les 93 000 personnes de 15 ans ou plus, 50 000 seulement parlent et écrivent le français et 38 000 ne le parlent pas.
Actuellement, la moitié des jeunes sortent du système scolaire sans aucune qualification et 15% d’une génération obtient son baccalauréat. 



A SUIVRE

KATY ET RONAN LEAUSTIC
 
 


 
 
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Publié dans LIEUX GEOGRAPHIQUES

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