EUROPE ET BRETAGNE

Publié le par Pierre LEAUSTIC

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SUITE DE L’INTERVIEW DE Monsieur Jean Marc LEVY
 




undefined L’Europe c’est parfois une nébuleuse pour le grand public
 
Le grand public ne perçoit pas toujours très bien les « effets » de l’Europe dans son environnement quotidien.
 C’est pourquoi après les questions institutionnelles il me paraît intéressant d’évoquer ce que nous apporte concrètement l’Europe au niveau d'une région par exemple comme la Bretagne .
 Si j’ai bien compris, le berceau de la « diaspora » Léaustic-Léostic-Lestic se trouve en Bretagne .
Mr Winisdoerffer directeur de l’office de tourisme de Plougonvelin dont j’ai récemment lu l’interview sur votre blog pourrait certainement vous dire mieux que moi combien l’Europe investit en Bretagne …
 
L’Europe concrète, c’est un bon sujet en effet. Avez-vous des exemples visibles de l’action de l’Europe sur la Région Bretagne ?
 
Oui, il y en a beaucoup. Je vous invite à observer les panneaux aux abords des aménagements routiers ou d’autres infrastructures, 3 fois sur 4 ils bénéficient du soutien de l’UE.
 
A la suite des naufrages de l’Erika (1999) et du Prestige (2003) , l’Union européenne est intervenue en faveur du renforcement des contrôles des navires dans les Etats européens. Elle a dressé une liste noire des navires définitivement bannis des ports européens. Elle a programmé l’interdiction des pétroliers à simple coque, demandé un renforcement de la surveillance du trafic maritime dans les eaux européennes et introduit des sanctions pénales. Une Agence européenne de la sécurité maritime a été créée.
Le programme Natura 2000 permet de protéger 7 000 sites européens totalisant 285 000 kilomètres carrés de territoire, soit l’équivalent de la moitié du territoire français. La Bretagne est bien sûr concernée par ce programme
J’ai cherché quelques exemples parmi les plus caractéristiques qui illustrent l’intérêt de l’Europe pour la Bretagne .
 
Un port mis en scène
 
A l'ouest de la Bretagne, la pointe Bigoudène est marquée par l'omniprésence de la mer. Rien d'étonnant à ce que la commune de Guilvinec, premier port français de pêche artisanale, situé à une trentaine de kilomètres de Quimper, ait songé à ouvrir un musée de la pêche.
 Inaugurée en mars 2000, Haliotika s'est construite au-dessus de la criée, sur une terrasse panoramique, face à la mer. Sur 730 m2 d'exposition, le visiteur a le loisir de prendre les commandes d'un chalutier virtuel pour comprendre, sentir et vivre la réalité du métier de marin pêcheur. Il apprend à reconnaître un fileyeur, un bolincheur et un chalutier. Il peut suivre le parcours du poisson, depuis les fonds marins jusqu'à son assiette. Les plus jeunes essayeront de construire un bateau et joueront à en être le capitaine. Les autres découvriront les enjeux de la pêche, la gestion des ressources de la mer, les quotas, etc. Après avoir fait le tour d'Haliotika, les groupes peuvent encore participer à une visite guidée du port, de la criée et d'une entreprise de construction navale. Le projet a bénéficié d'une aide du programme PESCA, dans le cadre des actions de diversification économique des régions dépendantes de la pêche.
 
 
Une région à l'assaut du ciel
 
Une compagnie aérienne régionale qui part à la conquête du ciel européen : c' est le pari tenu par Brit Air. Et pour tenir le cap, elle a développé à un niveau d' excellence deux des métiers fondamentaux de l' aéronautique, la maintenance et la formation, avec sa filiale Icare qui s' est dotée en 1997 d' un nouveau simulateur de vol, cofinancé par le FEDER. Un investissement qui a eu des retombées importantes pour l' économie locale.
 
Ses responsabilités à la Chambre de Commerce et au Bureau régional des Transports avaient valu à Xavier Leclercq une solide expérience du développement régional. Il était, de plus, passionné d' aviation. Quel meilleur alliage pour faire un fondateur de compagnie aérienne régionale ? Brit Air, qui a démarré en 1973 comme compagnie d' avions-taxis, développera peu à peu son propre réseau de lignes régulières, domestiques et européennes.

Aujourd' hui, la compagnie assure avec ses propres équipages et sa propre flotte - 25 avions de moins de 100 places - près de 200 vols quotidiens sur 33 lignes et rayonne de l' Hexagone vers l' Europe : Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne. Partenaire d' Air France depuis de nombreuses années, Brit Air est aujourd' hui son partenaire principal et devient un acteur majeur du transport aérien régional en Europe.

Ce succès doit quelque chose à l' importance que la compagnie accorde à ses ressources humaines. Créé en 1991, son centre de formation Icare, à Morlaix, sera équipé d' abord d' un simulateur de vol pour les avions ATR puis - et c' est ici qu' intervient le FEDER - d' un second simulateur pour les tout nouveaux Canadair Regional Jets (CRJ).

Réplique conforme du cockpit, le simulateur reproduit, météo comprise, les conditions en vol ou au sol que le personnel de navigation ou de maintenance aura à affronter en situation réelle. Les cours ne sont pas destinés au seul personnel de Brit Air : attirées par la qualité de la formation dispensée, d' autres compagnies réservent un nombre croissant d' heures d' utilisation du simulateur. Au total, chaque année, ce sont plus de 1 500 stagiaires venus du monde entier qui séjournent à Morlaix pour des formations d' une durée allant de deux jours à quatre mois.

L' acquisition d' un second simulateur, liée
à l' intégration dans la flotte de Brit Air d' un nouveau type d' avions, représentait un projet trop lourd pour la seule compagnie. C' est pourquoi des aides à l' investissement, notamment européennes, ont été sollicitées, qui ont permis à Icare de mettre en service en août 1997 le simulateur CRJ.

Les retombées du projet pour l' économie locale sont multiples. Elles se traduisent entre autres par les bénéfices que le Pays de Morlaix retire du séjour des stagiaires dans une région riche en patrimoine : bénéfices pour l' hôtellerie et la restauration (un millier de nuitées par an, quelque 13 000 repas), les services de location de voiture, les gîtes ruraux et tout l' éventail du commerce local. D' autre part, ce projet industriel de haute technologie dans une région de tradition agricole contribue à sa diversification économique. 

http://www.britair.com
 
La métamorphose de la Pointe du Raz
 
L'extrémité ouest de la Bretagne, cette avancée de terre dans l'océan fouettée par les vents du large, c'est la Pointe du Raz, un des lieux les plus célèbres d'Europe occidentale. Un des plus visités aussi: plus d'un million de touristes par an. Faute d'une bonne organisation des lieux, le site souffrait de multiples dégradations: stationnements sauvages, piétinement d'un tapis végétal fragile, circulation automobile incontrôlée, bâtiments mal intégrés
 
 Pour lui rendre toute sa beauté, il fallait prendre à bras-le-corps un vaste projet de réhabilitation, mené à bien entre 1995 et 1997, avec l'appui de l'Union européenne. Tout a été pensé: l'accueil des visiteurs se fait désormais dans une maison du site qui comprend un service d'information et une zone d'exposition. Des sentiers canalisent les flux de randonneurs en sauvegardant le couvert végétal de la lande bretonne et en le protégeant de l'érosion. Une navette est proposée pour relier la Pointe, permettant aux touristes de laisser leurs voitures dans les nouvelles zones de stationnement, d'une capacité de 1 000 places, situées à 800 mètres en retrait du site. Enfin, les commerces et restaurants ont été transférés et regroupés dans une cité commerciale bien intégrée dans le paysage. Les amoureux de la Bretagne respirent: il ne sera pas dit que la Pointe du Raz étouffe, victime de son succès.
 
 
Tous les océans se retrouvent à Brest
 
Océanopolis, ce sont 8 000 m² d'espaces de découvertes, 3 700 000 litres d'eau de mer, 1 000 espèces animales, des spectacles, des ateliers d'expérimentation, des animations et plus de trois millions de visiteurs depuis l'inauguration, en juin 1990. Le Parc de Découverte des Océans de Brest a su concilier deux démarches a priori fort éloignées: une mission d'information scientifique et une mise en scène spectaculaire de la vie dans les océans. Conçu au départ pour présenter la réalité marine et sous-marine bretonne, Océanopolis a récemment ouvert deux nouveaux pavillons, celui des mers polaires et celui des océans tropicaux. La faune et la flore marines du monde entier sont maintenant à portée du grand public.

D'immenses aquariums à ciel ouvert sont conçus comme les étapes d'un périple remontant le plateau continental. Ils reconstituent fidèlement les différents écosystèmes marins, au point que les grandes algues laminaires s'y reproduisent comme dans la nature. Océanopolis poursuit également un objectif politique: celui de la défense de l'environnement marin. Y sont diffusées des informations sur les pollutions accidentelles et les mesures à prendre à leur encontre, ainsi que de nombreuses autres informations passionnantes sur des expériences menées par les chercheurs aux quatre coins du monde. Les enfants sont particulièrement sensibles au Centre de soins des phoques qui recueille chaque hiver une quinzaine de phoques échoués sur le littoral breton. Les deux tiers sont sauvés puis relâchés.
Enfin, certains services ne sont pas accessibles au public: l'unité de recherche sur les mammifères marins, le service de production audiovisuelle, le service de sauvetage et de soins des tortues marines ou le service éducatif qui imagine et propose des animations scolaires.
Outre son rôle de vitrine de la vitalité de la recherche océanographique brestoise, Océanopolis joue un rôle moteur dans le développement touristique de la pointe bretonne puisque les estimations font état
d'un rythme de croisière de 600 000 visiteurs par an.
 
Redécouvrir les chemins de l' Europe buissonnière

À vélo, à pied, en rollers ou à cheval, le Réseau vert européen REVER propose aux touristes de redécouvrir les charmes d'anciennes voies de chemins de fer, de sentiers de halage désaffectés et d'itinéraires chargés d'histoire (chaussées romaines, routes de pèlerinage, etc). Ici, nul besoin de limiter la vitesse. Alternatives bucoliques à la grisaille des réseaux routiers et autoroutiers, ces itinéraires "verts", constitués principalement de voies de communication réservées au trafic non motorisé, appelées voies vertes, s'apprécient surtout dans la lenteur et la contemplation...

Mais REVER ne se borne pas à la mise à disposition de ces voies vertes pour les pérégrinations dominicales de touristes occasionnels. Depuis sa mise sur pied, en octobre 1999, le réseau souligne, par ses nombreuses initiatives, le rôle que pourraient jouer à nouveau ces voies oubliées dans le désengorgement des centres urbains pollués ou dans la revalorisation des zones rurales en désaffection.

Mis sur pied en octobre 1999, et coordonné par l'Association européenne des voies vertes (AEVV), le projet s'inscrit dans le cadre de l'Initiative communautaire Interreg IIC en faveur de la coopération transnationale dans le domaine de l'aménagement du territoire. S'il se cantonne pour l'instant au nord-ouest de l'Europe et concerne la Belgique, le Luxembourg, la France, et l'Irlande, l'objectif de l'AEVV est d'étendre à l'avenir la coopération à d'autres pays, notamment au sud, et de relier un jour, en quelques coups de pédales ou de cravache, les forêts de feuillus des contrées du Nord aux pinèdes méditerranéennes...
De nombreuses voies vertes en bretagne : 
Chemin de randonnée de Morlaix à Carhaix-Plouguer ; de Morlaix à Le Frostel (Plounévézel) ; de Rosporden à Gourin ; de Ty Planche (Guengat) à Tréboul (Douarnenez) ; de Pluguffan à Pont-l'Abbé ; de Pontivy à Hennebont etc…
 
Un réseau littoral 

Étendue sur près de 3 271 hectares, la municipalité de Carnac campe sur la baie de Quiberon, en Bretagne du Sud. La ville est classée station climatique depuis 1934 et dément la réputation pluvieuse de la région en offrant des conditions atmosphériques particulièrement douces sur la côte atlantique. Carnac s'est également taillé une réputation internationale grâce à ses menhirs qui jalonnent la campagne à perte de vue.

Carnac, l'unique, partage pourtant, depuis l'époque mégalithique, une civilisation commune avec les autres régions côtières de l'Europe de l'Ouest. Forte de ce passé préhistorique et des similitudes qui caractérisent les régions périphériques -revenus variables en fonction des saisons, dépendance vis-à-vis du tourisme, du secteur de la pêche et éloignement du centre du pays-, l'association carnacoise "Tourisme littoral européen", créée en 1998, a initié la mise en place d'un réseau regroupant plusieurs villes littorales européennes. "Façade Atlantique" favorise l'échange d'information entre Carnac, Llanes et Santander en Espagne, Shannon et Clare en Irlande ainsi que Alta et Finmark en Norvège. Le réseau permet aux différentes villes qui le composent de comparer leurs savoir-faire en matière touristique, environnementale et culturelle. Le but poursuivi est de développer le tourisme hors saison en s'appuyant notamment sur l'expérience acquise par les membres du réseau.

"Tourisme littoral européen" mène des actions très concrètes. Quatre bornes interactives ont ainsi été installées à Carnac. Elles présentent, en cinq langues, les sites archéologiques de quatre villes partenaires: Alta, Altamira, Carnac et Llanes. L'extension du réseau de bornes est d'ores et déjà prévue afin que des villes irlandaises puissent également faire partager l'histoire de leurs vestiges. 
Si Vauban savait ça ... 

Dominant l'entrée du port, la Citadelle Vauban est visuellement associée à la découverte de Belle-Ile-en-Mer pour les quelque 400 000 visiteurs qui y débarquent chaque année. Mr. et Mme Larquetoux en ont fait l'acquisition en 1960 et n'ont eu de cesse de la restaurer depuis. Après les travaux de sauvegarde les plus urgents (évacuation des eaux, clôture, consolidation des remparts), ils ont conçu un véritable projet culturel dans la Citadelle.

En 1973, quelque 9 000 visiteurs ont pu la découvrir; dix ans plus tard, il y avait déjà près de 30 000 visiteurs par an. Il y en a aujourd'hui plus de 60 000 et au terme de la restauration, lorsque le nombre de bâtiments accessibles au public aura été multiplié par deux, on escompte recevoir plus de 100 000 visiteurs par an. Il a fallu conformer les installations à toutes les exigences de sécurité
et de confort et réaliser les aménagements nécessaires à la présentation des oeuvres et aux différentes fonctions des lieux. Outre les visites de cette bâtisse fortifiée, avec ses ponts-levis, ses échauguettes et ses canons, son chemin de ronde et son arsenal, qui illustrent bien mieux que les manuels scolaires la réalité des guerres de siège, la citadelle de Belle-Ile présente une très belle collection de figurines militaires. De nombreux événements culturels y sont organisés tout au long de l'année.

L'imposante citadelle a réussi sa reconversion: de place forte, elle s'est muée en moteur culturel et économique pour Belle-Ile. Il reste cependant de nombreux travaux de restauration à réaliser (charpentes, couvertures, maçonneries, enduits, serrureries et ferronneries) et l'Union européenne a participé à cette entreprise titanesque en 1999-2000.
Les pieds bien au sec
Ceux qui ont pris le bateau à Lorient (Morbihan) avant les années 90 n'en croient pas leurs yeux: alors que naguère ils affrontaient la bourrasque et les embruns avant de prendre la mer, ils sont aujourd'hui accueillis dans des locaux bien secs et chauffés et prennent leurs billets au guichet dans des conditions optimales. Sans parler des conditions de travail du personnel qui oublie peu à peu l'humidité des vieux locaux et le matériel qui prenait l'eau La nouvelle gare maritime de Lorient, située à proximité du port de commerce, a été inaugurée fin 1998, après d'importants travaux de modernisation cofinancés par le FEDER. Avec ses quais flambants neufs, d'une stabilité à toute épreuve, ses pontons flottants de 70 mètres de long et ses solides passerelles qui permettent aux camions et voitures de s'embarquer aisément sur les rouliers, elle voit passer chaque année quelques 450 000 voyageurs et environ 1 000 véhicules en partance pour les îles bretonnes.
 
Le Mémorial aux marins de la pointe Saint Mathieu

A l’extrême ouest du Finistère, sur la commune de Plougonvelin, la pointe Saint Mathieu se dresse face à la mer d’Iroise.
Sur le site du Mémorial aux marins, le FEDER a cofinancé(40%) en 2004 le cénotaphe, à la fois lieu de mémoire et monument vivant consacré aux marins morts pour la France (100 000 visiteurs en 2007).
Ce cénotaphe  qui a trouvé sa place dans un vieux fortin restauré est un lieu de granit , de verre et de métal, propice au recueillement. Le sol sombre, ourlé de lumière, emmène le visiteur dans une expérience saisissante de vide.
A proximité trois ombres dessinent des silhouettes de corps ou de bateaux de guerre, de commerce ou de pêche. 
Les cryptes sont consacrées à la mémoire des marins.
Les parois reçoivent au gré des donations, les photographies disposées sans hiérarchie ni priorité. Les visages, les regards de ces photographies extraites d’albums familiaux, constituent peu à peu le grand album qui permettra la transmission de la mémoire de génération en génération.
L’association Aux Marins qui gère ce mémorial compte parmi ses adhérents et dans ses administrateurs (le président notamment) plusieurs membres de votre diaspora.
http:// www.auxmarins.com


Merci à Jean Marc LEVY qui a bien voulu se prêter à cette interview et témoigner son intérêt pour le blog qui assure le lien entre tous les descendants des léaustic-Léostic-Lestic" à travers l'Europe et le Monde.
 

Publié dans EUROPE

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