SCIENCES ET TECHNIQUES

Dimanche 28 décembre 2008

Voici le 5ème et dernier article consacré à Gabriel Léostic et son expatriation au Japon de 1865 à 1873 pour la construction de l'arsenal de Yokosuka.

Après 7 ans et demi de séjour ininterrompu au Japon, Gabriel Léostic quitte Yokosuka le 28 octobre 1873.
Le voyage retour est plus rapide que le voyage aller de 1866 : le canal de Suez est ouvert depuis 1869.
Mais ce voyage est mouvementé car le navire qui transportait  Gabriel Léostic rencontre  un typhon  d'une rare violence à Hong-Kong.

On peut imaginer la chaleur des retrouvailles familiales à son arrivée à Brest : il retrouve ses filles maintenant âgées de 14 ans et de 11 ans.

On peut aussi imaginer l'émotion des ses filles, déjà orphelines de leur mère depuis 1865, et qui ont vécu ces 7 années d'absence de leur père en internat à Landerneau.


En revanche la réadaptation de Gabriel Léostic à la vie professioinnelle brestoise est difficile.
Ayant occupé une fonction motivante de haute responsabilité et en vue, au Japon, il se retrouve dans l'anonymat d'un grand arsenal dans les fonctions normalement dévolues à un contremaître.
Il fait d'ailleurs part de ses difficultés de réadaptation à un se ses anciens ingénieurs de Yokosuka et, l'un d'eux, l'ingénieur Thibaudier lui  répond "Evidemment après avoir vécu au Japon où on a beaucoup plus d'argent, d'indépendance, une meilleure situation, il doit y avoir, lorsqu'on reprend ses anciennes occupations en France, un certain moment de surprise, et de regret. C'est ce qui explique comment tous ceux qui sont partis de Yokosuka désirent y revenir... Avec les belles économies que vous avez faites et en vous occupant au port, vous pouvez  mener une vie très heureuse. Si on a moins d'argent qu'au Japon en revanche on a beaucoup plus de satisfaction du côté des affections familiales".


Mais Gabriel ne supporte pas "cette dévaluation professionnelle" et le 29 juin 1875 il obtient, sur sa demande, un congé de l'arsenal.
Il est vrai aussi qu'il gagnait à Brest  le  douzième de ce qu'il gagnait à Yokosuka...

Gabriel avait économisé et il avait acquis d'importants terrains dans le quartier de l'Annexion à Brest.
Il créa son entreprise de construction et pendant 10 ans il édifia de nombreux immeubles de rapport pour son propre compte dans les rues Bruat, Danton, Duperré.
C'était son ancien quartier puisqu'il habitait  avant son départ pour le Japon la rue de la Vierge (la rue actuelle de Glasgow).

Tout ce quartier de l'actuel Brest faisait partie de l'anciennne commune de Lambézellec dont une partie  avait été annexée à Brest en 1861.

Gabriel vivait dans une confortable aisance. Il avait ouvert un commerce situé dans l'angle des rues Danton et Duperré et dont l'enseigne était "Au retour du Japon". Nostalgie ou reconnaissance ?

Victime d'un accident de santé en 1885 il mourut en 1892.

Nos recherches n'ont pas permis, pour l'instant, de retrouver la trace des descendants de Gabriel Léostic. Peut-être qu'un lecteur de cette série d'articles sur le blog
http://leaustic.over-blog.com concernant Gabriel Léostic permettra de les retrouver !

Voici une peinture de l'artiste brestois François Perhirin qui représente Verny et le port de Yokosuka (extrait de l'ouvrage Les Arsenaux de la Marine de Paul Coat - Editions de la cité.).



Bibliographie :
Les cahiers de l'Iroise - Janvier-mars 1975 - A-P Ségalen

FIN



Par Pierre LEAUSTIC
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Samedi 20 décembre 2008

En l'absence d'archives familales on a très peu d'informations sur les conditions de vie personnelle de Gabriel Léostic à YOKOSUKA de 1866 à 1873. Les lettres qu'il a pu écrire à sa famille n'ont pas été retrouvées.
On connaît  cependant les conditions générales du séjour des ouvriers  français construisant l'arsenal de Yokosuka telles qu'elles figuraient dans l'avis de recrutement.


Logement :

Les habitations étaient préparées par les soins du chef des travaux hydrauliques de l'arsenal. Celles destinées aux personnes mariées étaient entourées d'un jardin. Tous les français étaient regroupés dans un village appelé le village français.

Restauration :

Un restaurant était établi  dans le village français et la nourriture fournie par un entrepreneur européen d'après un tarif convenu avec l'administration.
La gastronomie de Yokosuka étant basée sur le poisson et les fruits de mer on peut supposer que Gabriel Léostic et ses camarades brestois ne furent pas dépaysés sur le plan de la nourriture. Leur surprise dut cependant être grande avec le sashimi . Le poisson cru n'est pas une spécialité bretonne  même lorsqu'il est accompagné de riz (suchi) !  Ils durent également découvrir et apprécier le tenpura (beignets de poisson et de légumes).

L'histoire ne dit pas si ce restaurant était surnommé  par les ouvriers "A la gueule d'or" comme celui de l'arsenal de Brest jusqu'à une époque encore récente !
Pour les ménages, les produits alimentaires de consommation journalière se trouvaient au village japonais ou apportés de Yokohama par des commissionnaires libres.

Habillement : 

Les objets d'habillement et les chaussures pouvaient être achetés à Yokohama à des prix relativement élevés dans des magasins européens. Il était conseillé aux ouvriers d'apporter de France un approvisonnement permettant de se vêtir pendant 2 ans.
En conséquence chaque personne pouvait apporter gratuitement  jusqu'à 250 kg de bagages.

Produits particuliers :

Des produits comme par exemple les matelas, huiles, vins, bougies, papier étaient importés par l'administration. Ils étaient vendus aux ouvriers .
Les ménages pouvaient apporter la batterie de cuisine et la vaisselle et il leur était alloué à cet effet  un supplément gratuit de bagages  de 100 kgs.

Loisirs :

Pour les objets d'agrément tels que les livres et les jeux, l'administration avait organisé un cercle et se faisait rembourser par les personnes abonnées.
Des consignes strictes de comportement  étaient appliquées et un rapport de 1866 notait "qu'il ne fallait pas que les français donnent l'exemple de l'inconduite et du désordre dans un pays où les habitants possèdent  des moeurs si douces, si polies, si bienveillantes. Il est indispensable au contraire que nous montrions à ce peuple fier de ses traditions nationales, des qualités susceptibes de nous faire apprécier et qui, seules, peuvent nous faire gagner sa confiance.
Mais pour maintenir plus facilement cette colonie d'ouvriers dans la ligne de devoir, il sera bon d'établir des salles de lecture, de créer des jeux et de fournir des distractions pour les jours de fête et de congé, afin de retenir autant que possible les ouvriers dans l'intérieur des établissements officiels en leur rendant leur séjour agréable."

Pour rompre leur solitude les familles se rencontraient souvent. On  relate qu'en 1872 les dames françaises résidant au Japon organisèent une souscription pour aider la France à se redresser après la défaite contre la Prusse !
Les milieux européens de Yokohama, Tokyo ou Nagasaki organisaient des soirées musicales, des régates, des réceptions où se retrouvaient bien sûr les familles françaises de Yokosuka.
 
Culte :

Une chapelle avait été construite pour les catholiques. Elle était située au milieu des habitations dans le village français. Les offices étaient célébrés par les prêtres des missions étrangères de Yokohama.

La chapelle au mileu des maisons d'habitation (à gauche la maison de Louis Florent le quimpérois)
Photographie site www.mairie-quimper.fr

Coût de la vie :

Les salaires étaient fixés à un tarif suffisant pour que tout ouvrier en économise la moiité.
Les personnels pouvaient transférer leurs économies en France par des lettres de change procurées par des banques "sûres" de la place telles le Comptoir d'escompte de PARIS.

Sécurité :

Dans la crainte d'un événement imprévisible comme des troubles dans la population japonaise par exemple, un bâtiment de guerre, Le Goéland, mouillait en permancence à proximité afin d'embarquer tous les ressortissants français.
S'agissait-il de la goélette construite en 1810 par l'arsenal de Toulon ou du cutter construit en 1827 par l'arsenal de Cherbourg ?
Les querelles avec les  japonais, les actes contraires aux lois, aux bonnes moeurs étaient sévèrement sanctionnés par Monsieur Verny, le directeur de l'arsenal, en liaison avec les autorités japonaises.


La nostalgie :

Gabriel Léostic était veuf et avait laissé ses deux filles en internat à Landerneau. On peut imaginer facilement la nostalgie qui devait parfois l'habiter d'autant plus qu'il séjourna au Japon 7 ans et demi de manière ininterrompue.
Il tomba d'ailleurs gravement malade au printemps de 1873 et un de ses camarades relatait que la seule conversation qui intéressait Gabriel était de parler de Brest, de ce qu'il y ferait, de la manière dont il vivrait et de son installation avec ses enfants.
Phénomène classique que connaissent tous les expatriés, les bretons peut-être plus que les autres..., la nostalgie du pays natal n'étant pas toujours contrebalancée par les avantages matériels de l'expatriation.. les 13 brestois qui étaient présents devaient souvent évoquer le pays entre eux...

Héritage culturel...

 Ce séjour de Gabriel Léostic et de ses camarades brestois au Japon marquèrent les uns et les autres, les japonais comme les brestois. Des liens privilégiés unissent depuis plus d'un siècle  Yokosuka et Brest, deux cités à vocation maritime.
Depuis 1971 les villes de Brest et Yokosuka sont jumelées. Ce jumelage est particulièrement dynamique et vivant.
Les rencontres sont nombreuses lors notamment des fêtes quadriennales de la mer et des bateaux à Brest.
Dans le domaine de la recherche signalons notamment le protocole d'accord qui existe entre  Yokosuka Research Park (centre de recherche spécialisé dans les mobiles et dans le domaine des télécommunications) et Technopole Brest-Iroise qui regroupe de nombreux centres de recherches et d'une manière générale tout ce qui concerne l'innovation technologique et la formation supérieure (Ecole supérieure des Télécommunications, IFREMER etc.

Les Japonais ne sont pas en reste... si vous visitez Yokosuka vous découvrirez cette maison typiquement bretonne... qui abrite le souvenir de l'ingénieur  Verny et de son équipe... Histoire, machines, photographies...

Photographie blog://mon-japon.over-blog.com

Bibliographie :

- Les cahiers de l'Iroise Janvier-mars 1975 - A-P Ségalen
- Les arsenaux de la marine - Paul coat- Editions de la cité

A SUIVRE :

Le retour de Gabriel Léostic à Brest : une reconversion professionnelle réussie
Par Pierre LEAUSTIC
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Dimanche 7 décembre 2008

 

Dans l'article "Le départ de Gabriel Léostic pour le Japon en 1866" il est relaté que son départ s'est déroulé à bord d'un navire  allemand qui a appareillé de Marseille le 1er avril 1866.

La date de son arrivée au Japon, compte tenu de la durée moyenne des voyages à destination du Japon (4 mois environ) doit se situer au cours de l'été 1866. Il a probablement débarqué à YOKOHAMA.

Voici le paysage qu'il a découvert à son arrivée à YOKOSUKA : un village de pêcheurs comportant deux bras de mer et une grande  colline couverte de pins. La pose de la première pierre s'est déroulée le 15 novembre 1865 au cours d'une cérémonie shintoïste de bénédiction du terrain..

 

  

Photo site www.mairie-quimper.fr
 

Il s'est soumis  aux  formalités imposées par le gouvernement japonais pour tout étranger entrant sur son territoire.  

Et voici ce qu'il a sans doute vu sur les documents japonais le concernant : 

C'est ainsi qu'on écrit Léaustic/Léostic en Japonais(1).

 

Les travaux  d'aménagement du site (2)...

 

"Les deux bras de mer furent comblés avant d'abattre la colline pour former le terrain sur lequel devaient s'élever les constructions. A la fin des travaux, l'arsenal , abrité derrière de petites collines, comprend deux bassins dont un de 110 mètres de long, trois cales de halage et des ateliers de constructions de coques.

L'amiral Jaurès (4) pouvait écrire " Tout a été fait avec la plus grande parcimonie, le travail n'en a pas moins donné d'excellents résultats... Les navires construits sont jolis de coque et plus gracieux que ceux construits en France... Un bassin permet d'y effectuer des réparations qui, ailleurs sont très onéreuses, et nous  a mis à même de rendre des services à la marine anglaise"...

L'empereur du Japon, MUTSU-HITO et sa cour visitèrent le chantier le 1er janvier 1872. Il était accompagné de 12 navires de la flotte impériale. La satisfaction de l'empereur dut être grande car il accompagna ses félicitations de magnifiques étoffes de soie.

L'arsenal comprenait des ateliers de travail du corroyage, des métaux, des bois, des gréements. Tous les plans sont largement inspirés par ceux de l'arsenal de Brest.

 

 

  

     Le port à la fin des travaux -Photo blog mon-japon.over-blog.com (3)

 

 

Les conditions de travail .... 

 

Le temps de travail  journalier de Gabriel léostic et de ses camarades est de 10 h 00 par jour sauf travaux extraordinaires de bassins ou avaries graves.

Afin que les 2000 travailleurs japonais qui oeuvraient sur le chantier soient toujours dirigés, 1/3 du personnel français travaille le dimanche.

Certains personnels français dont Gabriel Léostic dispensaient en outre des cours dans les écoles créées par FL Verny : une école d'ingénieurs et une école d'architecture. Les personnels japonais bénéficiaient aussi d'un enseignement de la langue française car la langue officielle du chantier était le français. On peut supposer que la réciproque existait en matière de langue japonaise.

 

Les français appelaient comme en France leur lieu de travail "l'arsenal" mais les japonais utilisaient le mot "seitetsujo"(fonderie) car FL Verny avait commencé par construire la fonderie, élément fondamental pour la construction des autres éléments du chantier et des phares.
Verny et son équipe apportèrent la modernité industrielle au Japon. Voici une réplique de la presse hydraulique importée et  utilisée par Verny et son équipe : 6 mètres de hauteur - poids 18,4 tonnes - poussée 3 tonnes


Photo blog mon-japon.over-blog.com (3)

La stèle....

Pour marquer leur reconnaisssance les japonais ont érigé  à Yokosuka une stèle en hommage au responsable de la fondation de l'arsenal, François-Léonce Verny. C'est aussi  toute son équipe, dont Gabriel Léostic, qui est honorée par cette stèle...
Une suggestion...  Que la liste des membres de l'équipe (une cinquantaine de personnes dont notamment les finistériens Léostic, Pons, Cordenner, Girard, Kermarrec, Grandmontagne... soit affichée dans la maison bretonne qui à Yokosuka rappelle cette formidable aventure humaine et industrielle !

Puisse les autorités japonaises nous entendre ! 

 Photo blog mon-japon.over-blog.com (3)   

 

  (1) Merci à Michael et Angela Esnault , membres de la diaspora qui ont vécu de nombreuses années au Japon,  d'avoir bien voulu nous écrire le nom en japonais.

 

(2) chronique de la relation militaire franco-japonaise éditée à l'occasion du centième anniversaire de l'établissement de la Mission militaire près l'Ambassde de france à Tokyo (www.ambafrance.org)

 

(3) Merci à Marie-France Ono  qui présente sur son blog http://mon-japon.over-blog.com  des reportages et des photographies de très grande qualité sur le Japon où elle réside. Son reportage sur Yokosuka est remarquable.

(4) Jean-Louis-Charles JAURES né à Castres (Tarn)l e 5 décembre 1808, entré en service en 1825, nommé vice-amiral en 1864 était le commandant de la Division Navale des Mers de Chine et du Japon. Il fut à l'origine de la venue de Verny au Japon.

A SUIVRE DANS UN PROCHAIN ARTICLE :

Les conditions de vie de Gabriel Léostic au Japon de 1866 à 1873

Par Pierre LEAUSTIC
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Samedi 29 novembre 2008

 

Comme évoqué dans l'article intitulé  "Gabriel Léostic expatrié au Japon au 19ème siècle", GABRIEL LEOSTIC a participé de 1866 à 1873 à la construction du premier arsenal moderne du Japon, dans la ville de YOKOSUKA à 50 km environ au sud-ouest de Tokyo.
Il faisait partie de l'équipe de François-Léonce Verny,
  polytechnicien, ingénieur du génie maritime en service au port de Brest, à  qui la France confia la conception et la réalisation de cet arsenal maritime.

Ce jeune et brillant ingénieur mena également à bon port les travaux relatifs aux phares de Kanoonzaki (1869), Nojimazaki (1870), Jôgashima (1870) et Shinagawa (1870). Dans l'équipe "phares" il y avait un quimpérois Louis FLORENT. 

 

 Buste de François-Léonce Verny à Yokosuka au bord de mer dans le parc "Verny"- Photo blog http://mon-japon.over-blog.com  

 

Le recrutement pour le Japon...   

 

François-Léonce Verny  a choisi sans aucun doute les meilleurs techniciens de l'arsenal de Brest pour l'aider à réaliser cet énorme challenge d'une importance capitale dans le cadre des relations naissantes entre la France et le Japon.

 Son équipe était composée d'une cinquantaine de techniciens et ouvriers français.
Gabriel Léostic était manifestement son homme de confiance si l'on s'en réfère aux correspondances échangées entre les deux hommes à partir de 1865 année au cours de laquelle Verny recruta son équipe.

Dans une ville maritime comme Brest, s'expatrier était chose relativement courante mais on peut considérer que la motivation de Gabriel Léostic qui bénéficiait d'une situation professionnelle excellente et stable à l'arsenal était avant tout financière.

 

Comme le précise A-P Ségalen dans un article publié dans l'excellente revue « Les cahiers de l'Iroise » (1) il est probable que la décision de Gabriel Léostic de partir au Japon lui fut inspirée par la douleur du décès de sa femme survenu le 29 avril 1865 alors qu'elle n'avait que 27 ans et demi. Ce veuvage et le souci d'assurer à ses filles orphelines, aisance et bonne éducation l'amenèrent très certainement à accepter la proposition de FL. Verny.

 

Gabriel Léostic  allait  faire entrer ses filles comme pensionnaires chez les Bénédictines du Calvaire à Landerneau, maison d'éducation fort estimée ».

 

Son salaire était au moment de son départ de 120 piastres mexicaines (675 francs de l'époque). Cette référence à la monnaie mexicaine ressemble à celle du dollar aujourd'hui dans les contrats d'expatriation.   

   

Le contrat d'engagement (1)...

 

Voici les principales clauses du contrat signé le 15 mars 1866 par Gabriel Léostic.


Il s'engageait envers François Léonce Verny, directeur de l'arsenal d'IOKOSKA (2), stipulant au nom du gouvernement japonais avec l'autorisation de Monsieur le ministre de la Marine et des Colonies :

Article 1er
Je remplirai avec zèle et honnêteté les devoirs de ma profession en qualité de Contremaître à l'arsenal maritime d'Iokoska.

Article 2
Ma solde sera fixée à cent vingt piastres mexicaines payables à la fin de chaque mois européen sauf l'exception prévue à l'article 4 ci-après.

Article 3
La durée du présent contrat est fixée à quatre années, à dater du 15 mars 1866.

Article 4
Pendant le temps que je serai employé en France avant mon départ et pendant la traversée, ma solde sera réduite de moitié. Tous les frais de déplacement occasionnés par le service, soit en France, soit à l'étranger, seront supportés par le Gouvernement japonais.

Article 5
En cas de discussion sur l'exécution du présent contrat le litige sera soumis à l'arbitrage de Monsieur le ministre de France à Yeddo (3).

   

Notons que selon "la constitution de l'arsenal d'Iokoska"  le contrat possédait une clause de résiliation : chaque partie avait la faculté de le résilier avant la fin de la première année. Toutefois il y était stipulé que "ceux qui résilieraient leur contrat à la fin de la première année continueraient  leurs services 3 mois de plus afin de laisser au gouvernement japonais le temps de les remplacer".

Par ailleurs ceux dont le contrat était expiré "recevaient le prix de leur rapatriement par un navire à voiles pour eux et leurs familles".

Enfin les "malades étaient rapatriés par les paquebots, s'il est nécessaire, après avoir été examinés par le chirurgien major de la marine française ".

   

le départ et le voyage pour le Japon

 

Dès le début de l'année 1866 Gabriel Léostic est sollicité par FL Verny pour obtenir des plans d' installations, équipements et machines de l'arsenal de Brest.

C'est par une dépêche ministérielle du 19 février 1866 signée de P. Chasseloup-Laubat que Gabriel Léostic est mis à la disposition du gouvernement japonais à compter du 1er avril 1866.

 

Il embarque à Marseille  le 1er avril 1866 sur un navire allemand qui contourne le cap de Bonne-Espérance car le canal de suez n'a été ouvert qu'en 1869.

 

Le navire allemand pourrait avoir quelque ressemblance avec le voilier de la marine nationale française "Le Tage" qui effectuait notamment  du transport mixte fret/passagers entre Brest et la Nouvelle Calédonie" dans la seconde moitié du 19ème siècle.

 

 

  Photo service historique de la défense - département marine

 

 

 

 

 (1) Les cahiers de l'iroise  43 rue du château 29200 Brest (abonnement annuel 2008 : 35 euros)

 

(2) Les écrits français de 1865 font état d'IOKOSKA alors qu'aujourd'hui on écrit YOKOSUKA. Problème de transcription du Japonais ?

 

(3) Ancien nom de TOKYO


 
A suivre dans un prochain article ::

- Gabriel Léostic et la construction de l'arsenal de yokosuka au japon
 

 

Par Pierre LEAUSTIC
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Mercredi 26 novembre 2008


GABRIEL LEOSTIC a participé de 1866 à 1873 à la construction du premier arsenal moderne du Japon dans la ville de YOKOSUKA à 50 km environ au sud-ouest de Tokyo.
A ce titre il est un des pionniers de la modernisation industrielle au JAPON.
Ce site militaro-industriel reste aujourd'hui le plus puissant du Japon et l'un des plus importants de l'Extrême-Orient.

La construction de ce site fut confiée à la France et c'est à François-Léonce VERNY, polytechnicien, ingénieur du génie maritime en service au port de Brest, que revint la charge de diriger les travaux de cet immense chantier.
En 10 ans, VERNY et son équipe dont Gabriel Léostic, contremaître charpentier, construisirent le premier arsenal moderne du Japon en s'inspirant largement de celui de Brest.
En étroite collaboration avec le ministre japonais Oguri Tadamasa, François Léonce Verny fonda non seulement les chantiers navals et la première usine métallurgiste du pays mais aussi une Ecole d'ingénieurs. Gabriel Léostic y dispensa-t-il des cours ? Peut-être car il percevait outre son salaire une indemnité mensuelle de professeur de mathématiques
.

 

 

 Yokosuka à proximité de Tokyo et de Yokohama

 

Gabriel Léostic ...  

 est né à Lambézellec (quartier de Brest aujoud'hui mais commune autonome à l'époque) le 23 novembre 1833..
Fils de Joseph Léostic et de Perrine Jestin, il avait épousé Marie-Françoise Téoden née en 1837. De cette union naquirent deux filles en 1859 et en 1862.
La famille habitait rue de la Vierge où la jeune femme exerçait la profession
de tailleuse. Elle décéda à l'âge de 27 ans et demi.

 

Charpentier de marine  

Gabriel Léostic avait été recruté par l'arsenal de Brest le 13 avril 1863 en qualité d'aide contremaître charpentier.

Dans les chantiers navals et les arsenaux maritimes le charpentier de marine exécute le façonnage des pièces de bois et procède à leur assemblage.

Les charpentiers fabriquent les différents tronçons des couples de levée dont l'ensemble monté constitue l'ossature du navire.

La Valeureuse, frégate cuirassée, en cours de construction (1861) - Photo (1)

 

 

Tout l'art du charpentier consiste à découper dans le bois des pièces aux dimensions adéquates. 

Ce métier possède sa propre hiérarchie  dont le maître charpentier de marine  est manifestement  la figure de proue (2) :

 

 "Les maîtres charpentiers réalisent à partir de données numériques établies par les ingénieurs, le tracé en  grandeur réelle de toutes les pièces de charpente dans une vaste salle prévue à cet effet : la salle des gabarits. Ils dessinent le profil du maître-couple, puis des autres couples et déduisent en prenant des équerrages, le contour des arêtes extérieures des différents éléments. Ils en tirent des patrons en planches minces les gabarits que les ouvriers charpentiers vont utiliser pour façonner le bois" sous la  surveillance des contremaîtres et des aide-contremaîtres comme Gabriel Léostic. 

 

Selon un rapport du 19ème siècle "l'intelligence des ouvriers est développée par les maîtres et contremaîtres qui, sortis de la même classe, veillent plus particulièrement à leur instruction et s'attachent à former des hommes qu'ils considèrent toujours sous le rapport social et souvent celui de la parenté" .

   

 

 

 

Le logo du charpentier de marine au 19ème siècle !....(2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Les ouvriers des arsenaux sous Napoléon- Christian Epin - Editions L'herminette-

(2) Les arsenaux de la marine de 1630 à nos jours - Paul Coat  - Editions de la cité  Brest 

 

A suivre dans un prochain article :


- le départ et le voyage de Gabriel Léostic vers le Japon en 1866

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par Pierre LEAUSTIC
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Samedi 15 novembre 2008

 

Sur les moteurs de recherche internet, au nom Lestic apparaît fréquemment un acronyme.

La tentation était forte pour le modérateur du  blog  de la diaspora des "Léaustic-Léostic-Lestic" d'aller voir de quoi il s'agissait...

Tout d'abord il convient de rappeler qu'un acronyme est «un mot constitué par les premières lettres des mots qui composent une expression complexe»

Pour  LESTIC  il s'agit du ...
L aboratoire d'E rgonomie des S ystèmes, T raitement de l'I nformation, C omportement.

Avec une appellation aussi complexe vous avez sûrement envie d'en savoir plus...

 Aurait-elle été "inventée" par un homme ou femme du nom de Lestic désireux de donner son nom à la science ?

Plus sérieusement,  il s'agit d'un organisme de recherche situé à LORIENT à la maison de la recherche en Sciences humaines et sociales et relevant de l'université de Bretagne sud.

Le LESTIC est membre du Centre de Recherches en Psychologie, Cognition & Communication  (CRPCC).

Ce laboratoire de recherches en sciences humaines a pour objet "l'étude des incidences cognitives, psychologiques et sociales des nouveaux moyens de communication professionnels et privés dans le champ de l'apprentissage, la formation et les échanges économiques".

Le laboratoire est composé en 2008, de 25 enseignants-chercheurs provenant des sciences de la cognition et des sciences de l'information et de la communication.

La  pluridisciplinarité de ce laboratoire le conduit à "couvrir différents thèmes de recherche dont le point commun est lié à l'usage et à l'appropriation des nouvelles technologies de traitement de l'information et de la communication. Les aspects théoriques de ces usages mais aussi les applications qui en découlent font partie des préoccupations de recherche de l'ensemble des membres du laboratoire".

Quels sont ses axes de recherche en 2008 ?

-  Axe Santé, Sécurité et ergonomie des activités maritimes

- Intégration de l'ergonomie dans la conception de navires
- Analyse des risques et des accidents
- Résilience et sécurité des systèmes complexes
- Stress et santé














Analyse du Stress et de la santé dans les activités maritimes...





















-  Axe Analyse écologique du travail et Ingénierie Cognitive
 
- Ergonomie cognitive
- Modélisation de l'opérateur
- Conception et évaluation des interactions homme-machine
- Coopération homme-machine

- Axe Cognition et comportement

- Analyse des déterminants du comportement humain et évaluation des processus d'influence du comportement
- Application au domaine de la consommation, de la communication et de management



Vous avez tout compris ? Bravo ! 
Vous pouvez désormais  postuler pour un poste d'enseignant-chercheur au LESTIC...



Bibliographie : Site internet www.univ-ubs.fr/lestic 
Dessin de Pierre Péron - Sur la peau de bouc -Editions de la cité - Brest

Par Pierre LEAUSTIC
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Jeudi 8 mai 2008





Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle inodore et incolore qu'on trouve dans le Finistère, berceau de la diaspora, à un taux supérieur à la moyenne nationale.

 

 

Origine et concentration

Provenant de la désintégration du radium, lui-même issu de l'uranium, il est présent dans l'ensemble des sols de la croûte terrestre. On le trouve en grande quantité dans les régions granitiques et volcaniques.
Sa concentration dans l'environnement s'exprime et s'évalue en Bq/m3 (Becquerel par mètre cube qui équivaut à une désintégration d'un atome de radon par seconde et par mètre cube)

En atmosphère libre la concentration du radon est très faible car il est dilué par les courants aériens.
En atmosphère confinée (bâtiments, habitations...) le radon s'accumule et peut atteindre des valeurs très élevées (plus de 1000 Bq/m 3)
.

Quelles sont les régions les plus concernées en France ?

Les campagnes de mesures ont permis de situer l'Auvergne, la Bretagne, la Corse, la Franche-Comté et le Limousin comme étant les régions où les concentrations moyennes sont les plus élevées

Dans le Finistère la proportion de concentration dépassant 200 et 400 Bq/m » est importante puisque 19 % des mesures sont supérieures à 200Bq/m3» (contre 9% en France) et plus de 6% sont supérieures à 400Bq/m3 (contre 2,3% en France) .

Pourquoi s'intéresser au radon ?

Tout simplement parce que ce gaz est le deuxième facteur de risque de cancer du poumon après le tabac. Il a été classé en 1987 comme « cancérigène pulmonaire chez l'homme » par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC).
Le radon pénètre dans les poumons avec l'air respiré. Les rayonnements alpha produits irradient les cellules les plus sensibles des bronches et sont de nature à induire le développement d'un cancer.

Impact sur la santé

... en France et à l'étranger

13% des 25000 décès (soit environ 3350 décès) par cancer du poumon observés annuellement en France pourraient être attribués à l'exposition au radon selon L'institut national de veille sanitaire.

Les résultats récents des études épidémiologiques effectuées sur le continent américain comme européen démontrent que le risque de cancer de poumon augmenterait de 16% à chaque fois que les niveaux moyens de radon auxquels on est exposé dans sa maison (30 ans d'exposition) augmentent de 100Bq/m3.

... en Bretagne

Une étude menée en 2000 par l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) conclut que 20% des décès par cancer du poumon seraient attribuables au radon (185 décès sur 816 en 2000).

... dans le Finistère

C'est le département le plus touché par ce type de cancer en Bretagne.

Comment vérifier la présence de radon dans votre habitation ?

La principale source de radon est le sol sur lequel est construit l'habitation (logement, école, lieu de travail...).
La mesure de la concentration de radon s'effectue à l'aide de dosimètres que vous pouvez vous procurer (prix actuel 25 euros incluant la lecture des résultats) auprès de fournisseurs agréés par la Direction des affaires sanitaires et sociales de votre département (DDASS).
Les dosimètres sont installés pendant une période de deux mois (hors période d'été) dans les endroits les plus fréquentés de votre logement (salle de séjour, chambre, bureau...).

Au-dessous de 400Bq/m 3 la situation ne justifie pas d'action correctrice particulière.

Entre 400 et 1000 Bq/m3 il convient de mettre en œuvre sur le bâtiment d'habitation des actions simples destinées à réduire l'exposition des personnes.

Au-delà de 1000 Bq/m3 il convient de réaliser un diagnostic sur le bâtiment afin d'identifier la source de radon et ensuite réaliser les travaux nécessaires pour réduire l'exposition au radon.

Les techniques simples de réduction du radon

Elles consistent à :
- assurer l'étanchéité des sous-sols, des vides sanitaires, des murs, des planchers et des passages de canalisation
- ventiler le sol en dessous du bâtiment et les vides sanitaires
- vérifier l'étanchéité du bâtiment à l'eau (drainage périphérique)
- aérer les pièces du logement en ouvrant les fenêtres au moins une fois par jour et veiller à ce que les grilles d'aération ne soient pas obturées.
- Mettre en place, le cas échéant, un système de ventilation mécanique double-flux (entrée-sortie).


Aides financières

Des aides financières peuvent être accordées pour vous permettre de réaliser les travaux qui s'avèreraient nécessaires (aides à l'amélioration à l'habitat). Renseignez-vous auprès de la direction départementale de l'Equipement (délégation ANAH) ou des organismes chargés des opérations d'amélioration de l'habitat (Pact Arim...).

En conclusion le radon est un facteur de risque du cancer du poumon.

Le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de l'organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu depuis 1987 le radon comme agent cancérigène.
Le risque de cancer de poumon est prouvé chez les mineurs d'uranium, fortement exposés au radon. En revanche il n'est pas clairement établi pour les seules personnes exposées au seul radon dans les bâtiments. Mais les études qui ont été menées ne permettent pas de conclure à l'absence de risque, même si celui-ci est minime.
Toutefois il a été démontré que l'usage du tabac est responsable de la majorité des cancers du poumon. L'exposition simultanée au radon et au tabac est particulièrement nocive
.


BIBLIOGRAPHIE

L'article ci-dessus est la synthèse d'informations contenues dans les documents suivants :

- brochure « Le radon » du Ministère de l'Equipement (direction générale de l'urbanisme, de l'Habitat et de la Construction) et du ministère de l'emploi et de la solidarité (direction générale de la santé)
- Plaquette « dans votre logement vous respirez peut-être du radon »
- Dossier de presse « Le radon dans le Finistère » de la DASS du Finistère
- Communiqué de presse du 22 octobre 2007 de la DASS du Finistère.

 PHOTOGRAPHIE

 La photographie représentant une petite maison bretonne en pierre (penty) avec toit de chaume a été aimablement fournie par Jean Jacques Tréguer chargé de communication de l'Association Aux Marins (www.auxmarins.com)

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Par Pierre LEAUSTIC
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Samedi 5 janvier 2008
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RENE LEAUSTIC : LE PARCOURS D'UN INGENIEUR DES ARTS & METIERS DE CHEZ RENAULT A L'ICONOGRAPHIE

Jeunesse….
 
Fils de Jean Marie Léaustic (1896-1968) et de Jeanne Louise Marie Thépaut (1901-1968) René, Pierre, Alexis Léaustic est né à Reims en 1924.
Son père naquit le 01/09/1896 au lieu-dit Kerandraon dans la commune de Plourin-Ploudalmézeau dans le pays d’Iroise. Sa mère était née à Brest le 29/03/1901. Le jeune couple, marié le 08/11/1921 dut s’expatrier à la recherche de travail dans les régions dévastées par la guerre. Ce qui explique la naissance de René loin de la Bretagne. Jean-Marie Léaustic exerçait la profession de serrurier.
 
Le retour à Brest intervient en 1935 à la suite de la séparation de ses parents. Jeanne Léaustic et ses trois enfants sont recueillis par une grand-tante maternelle qui leur offre le gîte et le couvert. Ils sont logés sommairement dans une baraque sur l’avenue Georges Clemenceau, face au Boulevard Gambetta, en bordure de ce qu’on appelait le Bois de Boulogne qui entourait les fortifications. Ils en seront expulsés avec fracas une nuit d’avril 1941, lors d’un bombardement qui rasera leur baraque alors qu’ils étaient endormis. Ils sont relogés dans un petit immeuble rue d’Aboville, derrière l’église Saint Michel. Les trois enfants fréquentent l’Ecole Sanquer. Puis René obtient son brevet élémentaire à l’Ecole Primaire Supérieure avant de rejoindre l’Ecole pratique de la rue Porsmoguer. Muni d’un CAP d’ajusteur, il est embauché aux Chantiers Dubigeon en juillet 1941. En octobre, il part à Nantes préparer le concours des Arts et Métiers à l’Ecole Nationale professionnelle Livet.
 
En raison de la recrudescence des bombardements sur Brest, la famille Léaustic est incluse dans le plan d’évacuation de la ville. Elle atterrit dans le Loir et Cher en mai 1943. Sinistrée à 100% par deux fois -l’appartement de la rue d’Aboville ayant été incendié durant le siège de Brest- la famille Léaustic se voyait coupée de ses attaches bretonnes.
 
Nantes étant prise à son tour dans le tourbillon des raids aériens, René rejoint l’ENP de Vierzon d’où il est reçu au concours d’entrée à l’Ecole Nationale des Arts et Métiers d’Angers en 1945.
 
Carrière professionnelle….
 
Son diplôme d’ingénieur en poche, mais celle-ci désespérément vide, René ne perdit pas un instant pour se faire embaucher chez Renault le 13 juillet 1948. C’est chez ce constructeur automobile qu’il poursuit toute sa carrière professionnelle. Une carrière qui le conduira à la direction d’une usine à Castres dans le Tarn de 1969 à 1974 puis aux fonctions de directeur général de Renault Machines Outils à Billancourt et enfin à la Présidence d’une filiale industrielle à Bobigny.
 
  Il a fait valoir ses droits à la retraite en Juillet1985.
 
Vie familiale et généalogie
 
De son union en 1950 avec Geneviève Théau naquirent deux filles Marie-Françoise et Michèle. René et son épouse résident aujourd’hui à Meudon dans les Hauts de Seine, entourés de leurs filles et de leurs 7 petits-enfants.
 
Voici la lignée des Léaustic dans laquelle se situe René :
 
Ascendance :
 
Père : Jean-Marie Léaustic fils de Prigent Léaustic et de Marie-Louise Jézéquel.
Mère : Jeanne, Louise, Marie Thépaut fille de Goulven Thépaut et de Perrine Prigent.
Grand père maternel : Goulven Thépaut né le 1er février 1869 à Larret ( ancienne commune aujourd’hui intégrée à celle de Porspoder) au lieu dit Guilou, fils de Joseph Thépaut né en 1837 et de Marie Louise Bellec née en 1846. (les témoins figurant sur l’acte de naissance s’appelaient Jean et Pierre Léostic).
Grand-mère maternelle : Perrine Prigent née à Dinéault, au lieu dit de Moudennou le 9 mai 1872 fille de Jean Prigent né en 1840 et de Marie Riou
 
Descendance
 
Marie-Françoise, née en 1955, ingénieur, épouse de Serge Audigier (1949) directeur technique.
            Sébastien né en 1982, agent commercial.
Marie Agnès née en 1984.
Olivier né en 1987.
Michèle née en 1959, médecin, épouse de Pierre Jacquemart (1957) médecin.
            François, né en 1985, Ecole Polytechnique 2004
            Benoît né en 1988, Ecole Polytechnique 2007
            Etienne né en 1990
            Vincent né en 1993.
 
L’iconographie….
 
En 1985 en vue de combler un vide qu’il appréhende à son départ en retraite, René s’inscrit à un stage d’initiation à l’iconographie, au Centre russe Saint Georges de Meudon.
Ce stage le comble et il manifeste d’emblée d’excellentes dispositions. Un an plus tard, il devient assistant de son maître, le Père Egon Sendler, iconographe de réputation mondiale. Depuis la fermeture du centre Saint Georges en 2002 il continue d’enseigner à l’Atelier d’icônes de la ville de Meudon.
 
Source : interview de René Léaustic  publiée sur le site internet www.ville-meudon.fr) :
 
« …. La traduction littérale du mot iconographie est écriture des icônes. A une époque où ceux (très nombreux) qui ne savaient pas lire étaient écartés de la connaissance des Saints Evangiles, leur traduction par des peintures avait pour but de mettre à la portée de tous un substitut à l’écriture. On ne dit pas d’ailleurs peindre une icône mais écrire une icône.….
Cette écriture laisse peu de place à l’imagination vagabonde ou à une interprétation fantaisiste d’un artiste.
On l’aura compris, l’icône n’est pas qu’une peinture. L’iconographie doit rester fidèle aux canons enseignés par l’Eglise. L’icône s’écrit comme un texte sacré, elle comporte une forte dimension religieuse.
 
Par la technique et ses aspects technologiques dans les domaines notamment de la composition, de l’écriture, de la préparation du support, de la dorure, de la restitution des couleurs à partir des pigments, l’ingénieur René Léaustic s’est rapidement senti en osmose avec l’iconographie et la communauté des iconographes.
 
René Léaustic a écrit un merveilleux livre: « Ecrire une icône » aux Editions Médiaspaul (éditions@mediaspaul.fr).
Dans cet ouvrage d’art, illustré de plus de 100 croquis et plus de 300 photos couleur et dont la dominante est bien sûr plus technologique que théologique, on y trouve dans le détail les techniques, la composition et tout ce qui concerne l’écriture des icônes.
Cet ouvrage mérite de figurer dans toutes les bibliothèques des membres de la diaspora !
 
Avec le concours et l'accord de René Léaustic
Par Pierre LEAUSTIC
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