GABRIEL LEOSTIC ET LA CONSTRUCTION DE L'ARSENAL DE YOKOSUKA AU JAPON

Publié le par Pierre LEAUSTIC

 

Dans l'article "Le départ de Gabriel Léostic pour le Japon en 1866" il est relaté que son départ s'est déroulé à bord d'un navire  allemand qui a appareillé de Marseille le 1er avril 1866.

La date de son arrivée au Japon, compte tenu de la durée moyenne des voyages à destination du Japon (4 mois environ) doit se situer au cours de l'été 1866. Il a probablement débarqué à YOKOHAMA.

Voici le paysage qu'il a découvert à son arrivée à YOKOSUKA : un village de pêcheurs comportant deux bras de mer et une grande  colline couverte de pins. La pose de la première pierre s'est déroulée le 15 novembre 1865 au cours d'une cérémonie shintoïste de bénédiction du terrain..

 

  

Photo site www.mairie-quimper.fr
 

Il s'est soumis  aux  formalités imposées par le gouvernement japonais pour tout étranger entrant sur son territoire.  

Et voici ce qu'il a sans doute vu sur les documents japonais le concernant : 

C'est ainsi qu'on écrit Léaustic/Léostic en Japonais(1).

 

Les travaux  d'aménagement du site (2)...

 

"Les deux bras de mer furent comblés avant d'abattre la colline pour former le terrain sur lequel devaient s'élever les constructions. A la fin des travaux, l'arsenal , abrité derrière de petites collines, comprend deux bassins dont un de 110 mètres de long, trois cales de halage et des ateliers de constructions de coques.

L'amiral Jaurès (4) pouvait écrire " Tout a été fait avec la plus grande parcimonie, le travail n'en a pas moins donné d'excellents résultats... Les navires construits sont jolis de coque et plus gracieux que ceux construits en France... Un bassin permet d'y effectuer des réparations qui, ailleurs sont très onéreuses, et nous  a mis à même de rendre des services à la marine anglaise"...

L'empereur du Japon, MUTSU-HITO et sa cour visitèrent le chantier le 1er janvier 1872. Il était accompagné de 12 navires de la flotte impériale. La satisfaction de l'empereur dut être grande car il accompagna ses félicitations de magnifiques étoffes de soie.

L'arsenal comprenait des ateliers de travail du corroyage, des métaux, des bois, des gréements. Tous les plans sont largement inspirés par ceux de l'arsenal de Brest.

 

 

  

     Le port à la fin des travaux -Photo blog mon-japon.over-blog.com (3)

 

 

Les conditions de travail .... 

 

Le temps de travail  journalier de Gabriel léostic et de ses camarades est de 10 h 00 par jour sauf travaux extraordinaires de bassins ou avaries graves.

Afin que les 2000 travailleurs japonais qui oeuvraient sur le chantier soient toujours dirigés, 1/3 du personnel français travaille le dimanche.

Certains personnels français dont Gabriel Léostic dispensaient en outre des cours dans les écoles créées par FL Verny : une école d'ingénieurs et une école d'architecture. Les personnels japonais bénéficiaient aussi d'un enseignement de la langue française car la langue officielle du chantier était le français. On peut supposer que la réciproque existait en matière de langue japonaise.

 

Les français appelaient comme en France leur lieu de travail "l'arsenal" mais les japonais utilisaient le mot "seitetsujo"(fonderie) car FL Verny avait commencé par construire la fonderie, élément fondamental pour la construction des autres éléments du chantier et des phares.
Verny et son équipe apportèrent la modernité industrielle au Japon. Voici une réplique de la presse hydraulique importée et  utilisée par Verny et son équipe : 6 mètres de hauteur - poids 18,4 tonnes - poussée 3 tonnes


Photo blog mon-japon.over-blog.com (3)

La stèle....

Pour marquer leur reconnaisssance les japonais ont érigé  à Yokosuka une stèle en hommage au responsable de la fondation de l'arsenal, François-Léonce Verny. C'est aussi  toute son équipe, dont Gabriel Léostic, qui est honorée par cette stèle...
Une suggestion...  Que la liste des membres de l'équipe (une cinquantaine de personnes dont notamment les finistériens Léostic, Pons, Cordenner, Girard, Kermarrec, Grandmontagne... soit affichée dans la maison bretonne qui à Yokosuka rappelle cette formidable aventure humaine et industrielle !

Puisse les autorités japonaises nous entendre ! 

 Photo blog mon-japon.over-blog.com (3)   

 

  (1) Merci à Michael et Angela Esnault , membres de la diaspora qui ont vécu de nombreuses années au Japon,  d'avoir bien voulu nous écrire le nom en japonais.

 

(2) chronique de la relation militaire franco-japonaise éditée à l'occasion du centième anniversaire de l'établissement de la Mission militaire près l'Ambassde de france à Tokyo (www.ambafrance.org)

 

(3) Merci à Marie-France Ono  qui présente sur son blog http://mon-japon.over-blog.com  des reportages et des photographies de très grande qualité sur le Japon où elle réside. Son reportage sur Yokosuka est remarquable.

(4) Jean-Louis-Charles JAURES né à Castres (Tarn)l e 5 décembre 1808, entré en service en 1825, nommé vice-amiral en 1864 était le commandant de la Division Navale des Mers de Chine et du Japon. Il fut à l'origine de la venue de Verny au Japon.

A SUIVRE DANS UN PROCHAIN ARTICLE :

Les conditions de vie de Gabriel Léostic au Japon de 1866 à 1873

Publié dans SCIENCES ET TECHNIQUES

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